<< Elina >>

Chapitre 1 :



_______Le soleil émergeait doucement de derrière l'horizon en laissant ses longs cils rayonnants s'enfoncer dans le ciel brumeux. Un oeil, puis deux, je sentai mon corps reprendre sa place dans mon lit et une agréable odeur de cookies tout droit sortient du four vint me titiller les narines.
D'un geste je balançai la couverture qui me recouvrait pour attraper ma veste de jogging et l'enfilai en filant vers la cuisine. Ma mère s'y trouvait entourée de mon frère, Zac et de ma soeur Olivia qui prenaient tranquillement leur déjeuner en parlant des derniers ragots de la famille. Mon père, travaillant à l'autre bout de la ville, était sûrement déjà parti ce qui m'arracha un sourire en me disant que je n'aurais pas à affronter ses sarcasmes sur ma personne. Sans bruit je déposai un bisou sur la joue de ma mère et prenai place à côté de ma soeur qui se resservait une tasse de café.
<<Et bien Eli' tu n'es pas très bavarde ce matin ? dit ma mère en rajustant ses lunettes sur son nez.
- Il est onze heure maman, tu crois encore au conte de fée ? Elle n'ouvrira pas la bouche avant onze heure trente, en gros, après sa douche sous l'eau froide pour la réveiller.>>
Je tirai la langue à mon frère et me tartinai une tartine de confiture avant de l'avaler tout rond en essuyant soigneusement les coins de ma bouche. Je ne prêtai guère d'attention à ce que racontaient les trois personnes qui m'entouraient et continuai à rêvasser. Cela faisait longtemps que je n'avais pas fait ce rêve. Celui d'être sur un trottoir infiniment long sans rien autour, comme le néant et de tout d'un coup perdre l'équilibre et tomber dans le vide, noir, froid, et insondable. Le bruit d'une fourchette tombant dans l'évier me fit sortir de mes songes me ramenant à la réalité.
<<Vous n'avez pas oublié que nous reçevons des gens à dîner ce soir n'est-ce pas ?
- A bon ? dis-je en attachant mes cheveux avec l'élastique qui serrait mon poignet.
- Oui, tu te souviens de Katie ? Elle est en ville avec son nouveau mari et elle vient nous le présenter. Il parait qu'il a un fils qui a ton âge d'ailleurs Olivia.>>
Ma soeur de 18 ans rejetta sa longue natte blonde en arrière en me lançant un regard triomphant. Entre nous il y avait un lien unique, quelque chose d'inexplicable. J'étais tout son opposé, elle était grande, blonde et bronzée, j'étais normale, pâle avec des cheveux bruns tirant vers le chataîn très clair. Ses yeux verts faisaient tourner des regards, mes yeux bleus azurs les faisaient fuir. Elle était belle, j'étais quelconque. En tout cas je le trouvais. Bizarrement depuis ma plus tendre enface une certaine compétition était née entre nous. Pas comme celle qui aurait les meilleures notes ou autres, mais celle qui aurait le plus de gars à ses pieds. Tout avait commencé en primaire lorsque étrangement un garçon me remarqua moi, Elina la petite brunette aux couettes et non ma soeur aînée de deux ans la jolie Olivia au cheveux longs et blonds. Savoir qu'elle ne l'attirait pas l'avait rendu folle de rage même si à huit ans je ne comprenais pas pourquoi. Depuis elle n'a qu'une idée en tête posséder tous les hommes qu'elle rencontre et ne m'en laisser aucun. Même les moins attirants elle les désire même si elle n'en fera jamais rien. Pour moi tout ceci n'était que futilité, je n'avais eu que quelques copains qui dès qu'ils avaient recontré ma soeur m'avaient laissé tomber. Si l'amour devait se résumer à un tableau d'échéance et de douleur je n'en veux pas.
Je lui rendai son sourire et me levai pour me diriger vers la salle de bain. Une douche chaude puis un masque pour éliminer toutes ces peaux sèches qui avaient pris en otage mon visage. Une fois la toilette finit je pris soin de m'habiller avant d'attraper mon sac et mes clés pour partir rejoindre des amis au parc du coin. Nous avions l'habitude de nous y retrouver trois fois par semaine pendant les vacances pour nous raconter les derniers potins dont nous avions été mis au courant et d'ainsi profiter de notre compagnie mutuelle. Avec eux je me sentais bien. J'avais l'impression de retrouver l'Elina que je cachais depuis longtemps au fond de mon coeur. Depuis toute petite on n'attendait qu'une chose de moi, enfin il n'attendait qu'une chose de moi, la perfection. Les meilleures notes, la meilleure réputation, la beauté irréprochable, et lorsqu'un jour il comprit que je n'y arriverais jamais et qu'il me renia je pris la lourde décision de fuire la perfection. Mes notes avaient chutté et je n'étais qu'une élève moyenne. Ma chambre était un véritable bordel. Je ne voulais plus revivre dans ce monde irréprochable auquel il m'avait habitué. Mes petits cheveux bruns coupés au carré avant avaient poussé m'arrivant aux épaules avec une franges sur le côté, qui masquait mes horribles yeux bleus. Mon nez en trompette, surplombé de taches de rousseur, faisait ressortir ma fine bouche rose saumonée telle celle de ma mère. Ma mère. Elle, celle qui avait été là lorsqu'il m'avait abandonné. Elle, celle qui avait ressenti la douleur qui m'avait transperçé déchirant mon coeur en deux. L'ancienne et la nouvelle Elina.
Alors que je ruminai ces sombres pensées je traverçai la pelouse verte du parc où des cris et des rires joyeux me parvenaient de par delà les rochers. A peine avais-je grimpé la première marche, le coin de ma robe bleu dans la main, je vis Eric arriver vers moi pour me prendre dans ses bras. Il était mon meilleur ami, le seul et l'unique. Depuis que nous avions six ans nous étions ensemble à faire et à vivre les quatre cents coups. Lorsque j'avais sombré dans ma période de "gothisme" ou le noir m'entourait, m'enfermait, m'enlaçait de ses bras, il m'avait soutenu, relevé, aimé. Oui je l'aimais. D'amour fraternel. Doucement il me fit la bise et me fit comprendre que les autres étaient vers les bancs plus haut dans les décombres. Je le suivis en tenant toujours fermemant sa main dans la mienne, mes doigts entrelacés avec les siens. Quand je fis surface Valentine vint à ma rencontre en se mettant à sautiller dans tous les sens laissant sa magnifique chevelure blonde, dont j'étais passivement jalouse, virvolter autour d'elle. Elle prit le coin de ma robe en tir ant un peu dessus et se mit à jacasser sur son rendez-vous de la veille avec l'amour - actuel - de sa vie, Jack Timh.
<<Et quand je partais vers la porte du péron il m'a rattrapé puis m'a attiré vers lui en laissant sa bouche frôler le coin de mon oreille et m'a sussuré "J'espère te revoir vite bel ange".>>
Je faisais mine de m'y intéresser un peu, même si pour l'instant j'avais la tête ailleurs. Ruminer tous ces vieux souvenirs n'était peut-être pas la meilleure chose à faire, surtout lorsqu'on essaye de les oublier avec acharnement.
<<Eli' tu m'écoutes ?
- Bien sûr, il a frôlé ton oreille avec sa bouche et ?
- Euh, je te parlais de se faire un ciné ... me repondit cette dernière en levant un sourcil.
- Excuses moi je ...
- T'étais ailleurs. Bon ça te tente ?
- Quand ?
- Ce soir, on irait bien voir un truc avec du sang et de la bagarre. Ouais ! De la bagarre.
- Je ne pourrais pas je pense. Ma mère reçoit et je dois être là pour voir ma soeur se pavaner devant un gars qu'elle ne verra plus jamais ... Bon c'est d'accord, rendez-vous à vingt heure devant le ciné je tacherais d'inventer quelque chose.
- Joyeux dit donc, intervint Mike en déposant un léger bisou sur le sommet de mon crâne.>>
Ce dernier vint s'assoir à côté de moi en posant sa guitare sur le sol et enlaça de son bras libre la taille d'Emma qui était au téléphone avec sa mère - je crois -.
Notre petit groupe d'amis n'était pas immense nous devions être quatre filles. Emma la belle à l'allure de mannequin, Valentine l'extravertie, moi la normale et Avril celle toujours là en cas de besoin. Ainsi que trois garçons. Mike le "loveur", Eric mon meilleur et Tim le fou. Nous nous sommes tous connus aux alentours de la primaire à part moi et Valentine qui nous connaissions grâce à nos parents. Un lien étrange nous unis les un aux autres, comme une sorte de relation fusionnelle, entre nous aucun secret tout ce sait, des noms des cousins germains, aux derniers rancards eu et avec qui. Je ne saurais décrire l'état d'esprit qui m'habite quand je suis avec eux. Quand j'étais dans un gouffre entourée de ténèbres, ils ont su être là et ont trouvé les mots justes pour me faire revoir la lumière du jour.
J'allais ouvrir la bouche dans le but de saluer Mike mais Valentine me prit de court en attrapant, une nouvelle fois, le coin de ma robe en se mettant à tirer dessus telle une enfant de trois ans.
<<Tu as intérêt à être là Eli', ces derniers temps nous ne t'avons pas beaucoup vu.
- Mon père était à la maison, dis-je avec un rictus dans la gorge.>>
Je vis vite l'inquiétude submerger les regards qui me faisaient face et cela me décocha un sourire. Ils savaient tous ce qu'était mon père à mes yeux. Un tyran, rien d'autre. Ils savaient la crainte que j'avais en rentrant le soir chez moi même si ma mère, Olivia et Zac étaient là. Ils ne comprenaient pas pourquoi j'étais le bouquémissaire de mon père et pourquoi mon frère et ma soeur étaient épargnés de tous sarcasmes. Je préfèrais me prendre tout dans la figure plutôt qu'eux aussi en voient de toutes les couleurs. C'était ainsi, je préfèrais cette routine qu'à un changement radical de situation. Je leur fis le plus beau sourire dont j'étais capable, être triste n'était pas une de mes facultés première, je possédais ce que l'on pourrait appeller la positive attitude. J'étais toujours extrêment opptimiste même dans les pires crises qu'une adolescente de mon âge doit traverser, et j'essayais de conserver mon sourire pour éviter à ceux qui m'entouraient de trop s'inquiéter.
Eric serra un peu plus son enprise autour de ma main et posa le coin de son menton sur mon crâne ce qui laissa ses cheveux, chataîns en batailles, chatouiller le bout de mon nez.
<<Arrêtez, regardez moi je vais très bien, je vous le promets, on est pas là pour se plaindre non ? Donc ce soir sortie ciné, ça va être sympa depuis le temps qu'on avait prévu d'en faire une !>>
A peine avais-je finis la fin de ma phrase que je partai en courant laissant mon corps tomber dans l'herbe en entrainant les autres avec moi. Des cris de joies se firent entendre à ce moment là. Si une personne était venue à passer elle n'aurait vu qu'un simple groupe d'amis rires aux éclats. Mais c'était tellement plus que ça.
# Posté le lundi 28 janvier 2008 13:43
Modifié le lundi 28 janvier 2008 14:05

Nouvelle Histoire.

Nouvelle Histoire.
<< Elina >>

Tout à commencé à cause d'un sac mal tombé (...)
# Posté le dimanche 27 janvier 2008 12:53
Modifié le lundi 28 janvier 2008 12:09

Moi Indécise ? Pas du tout voyons !

Moi Indécise ? Pas du tout voyons !
Cet endroit me manque, je pense y revenir mais je ne songe pas aborder le thème de TH dans une de mes prochaines histoires.
Je souhaiterais savoir si vous aviez un sujet à me proposer sur lequel je pourrais écrire en étant sûre que cela vous plairait (un groupe, un chanteur, un livre, un film, une série ...)
Voir même que je pourrais inventer une histoire moi même avec mes propres personnages mais donnez moi quelque chose que vous souhaiteriez aborder.

Merci d'avance _


Ophélie .
# Posté le lundi 21 janvier 2008 14:24

Juste comme ça :

Juste comme ça :
Fiction : Nouvelle.

<<Elle vivait pour lui, Il vivait pour elle.>>


Elle marchait tête basse les yeux rivés sur le sol. Son sourire si radieux ne traduisait en ce moment qu'une mélancolie amère et sans goût. Son coeur avait cessé de battre lorsque sous la pluie battante il lui avait articulé ces quelques paroles <<Je t'aimais, je t'aime, et je t'aimerais toujours. Mais à chaque moment où nous sommes ensemble je sais que je te mets en danger. Par ma faute tu pourrais terminer dans une de ces boites en bois qui servent de refuge aux morts et je ne peux l'envisager. C'est pourquoi je te dis Adieux.>> Sans mot dire il était parti laissant derrière lui un coeur brisé et des larmes incontrolables qui gisaient sûrement encore sur le trottoir de la 16ème avenue. Il était son oxygène. Pourquoi tant de promesses si il n'avait pu les tenir ? Pourquoi un amour éternel si il n'avait sû la retenir et la protéger ? Pourquoi était-il parti ? Un banc, des gens, des rires, des cris, des parapluies, puis des gouttes encore et encore, froides et chaudes, salés et sans gouts, les larmes et la pluie se mélangeaient. Elle n'était plus qu'une coquille vide, si on venait à l'ouvrir un jour on n'y trouverait plus qu'un coeur coupé en deux d'un trais vif et où le sang continuait à couler se répendant peu à peu sur le reste de l'amour qu'elle lui portait jusqu'à l'envelopper lui même d'un sentiment de tristesse infinie. Elle l'aimait. Sa vie sans lui n'était qu'invisibilité. Sans lui elle était ... elle. Personne d'exceptionnel, juste une fille dont la vie se résumait à rien. La mort la trouva au tournant. Une voiture roulant trop vite, une plaque de glace mal placée, un cris strident et aucune douleur. Il avait beau la quitté pour la protéger de la mort, c'est en la laissant sans défence qu'il la lui donna.
# Posté le samedi 22 décembre 2007 14:59

Ethan & Eva

Ethan & Eva
Me revoilà pour ceci :

http://Ethan-And-Eva.skyblog.com

( C'est loin d'être comme une fiction, ceci vient de mon imagination avec quelques sources d'inspirations un point c'est tout. J'espère vous y retrouver :] )
# Posté le dimanche 16 décembre 2007 10:29